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Comprendre le label ISR

Quand on parle d’investissement responsable, il est parfois difficile de s’y retrouver avec les critères et les labels. Découvrez dans cet article la méthodologie d’analyse expliquée par nos experts.

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Le Label d’Etat ISR, garant de placements durables et responsables

Créé en 2016 par le Ministère de l’Economie et des Finances, le Label d’Etat ISR est attribué à des fonds actions, obligations ou mixtes dans lesquels les particuliers peuvent investir (dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie, d’un plan d’épargne en actions ou d’un simple compte titres), à l’issue d’un audit réalisé par un tiers indépendant. 

Particulièrement exigeant, le Label d’Etat ISR permet aux épargnants de distinguer les fonds d’investissement mettant véritablement en œuvre une méthodologie robuste d’Investissement Socialement Responsable (ISR), aboutissant à des résultats concrets et mesurables en matière de d’Environnement, de Social et de Gouvernance* (ESG). Les sociétés de gestion doivent notamment être en mesure de prouver la rigueur de leur méthode d’analyse ESG, d’évaluer le bénéfice environnemental de leurs investissements et de se doter d’une politique de vote aux assemblées générales selon des principes adaptés.

*manière de diriger une entreprise pour organiser notamment la conciliation des intérêts potentiellement divergents des actionnaires et des dirigeants

LBP AM, investisseur et entreprise responsable

La méthodologie ISR de LBP AM et de sa filiale Tocqueville Finance repose sur 4 piliers :

EXCLUSION SELECTION ENGAGEMENT IMPACT
Ne pas investir dans le sociétés dont les pratiques ou les activités ne sont pas conformes à des grands traités ou standards internationaux, ou qui interviennent dans des secteurs à l'impact sociétal controversé tel que le charbon, le tabac et les jeux d'argent. Sélectionner des investissements en favorisant les entreprises faisant preuve de maturité dans leurs démarches de responsabilité sociale (RSE) et dont les produits contribuent à répondre aux enjeux du développement durable. Dialoguer avec le management des sociétés investies afin de les inciter à mettre en place les meilleures pratiques de prise en compte des enjeux du développement durable dans leur stratégie et leurs opérations. Gérer des fonds d'une manière qui contribue directement, volontairement et de manière qualifiable à des bénéfices environnementaux ou sociaux.

Focus sur le filtre Exclusion

L’exclusion fait partie intégrante de la plupart des stratégies d’investissement responsable. L’approche d’exclusion consiste à écarter de l’univers d’investissement certaines entreprises ou typologies d’entreprises en raison de leurs activités ou de certaines pratiques controversées.

La démarche ISR du groupe LBP AM s’articule autour de 4 thèmes :

Territoires & Emploi

Favoriser la cohésion sociale, la formation et l'emploi pour développer les territoires.

Climat

Développer une politique climat cohérente avec l'atteinte de la neutralité carbone.

Droits humains & Egalité

Assurer le respect des droits humains, la diversité et l'égalité des personnes.

Biodiversité

Protéger la biodiversité et restaurer la nature.

En cohérence avec ces 4 priorités, les gérants de portefeuille cherchent à exclure des fonds, ou a minima à limiter significativement, les titres des entreprises dont les activités nuisent à ces objectifs. LBP AM et Tocqueville Finance ont pour cela mis en place 4 types d’exclusions de valeurs : 

Réglementaire

  • Armes controversées dont l'impact sur les civils est disproportionné et aveugle, et se prolonge pendant des années après la fin d'un conflit comme les mines anti-personnel ou les armes à sous-munition.
  • Instruments spéculatifs sur matières premières agricoles*.
  • Exclusion de pays dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme*

Sectorielle

  • Charbon (Selon sortie pilotée/Accord de Paris)
  • Jeux d'argent
  • Tabac
  • Biodiversité/Déforestation

Spécifique

Identification de sérieux manquements sur l'un des 4 piliers de la philosophie propre à LBP AM et Tocqueville Finance

Normative

Exclusion des émetteurs soupçonnés de violation grave et/ou répétée des principes du Pacte Mondial des Nations Unies qui portent essentiellement sur :

  • les droits de l'homme, 
  • l'environnement
  • et la lutte contre la corruption**.

*Mise en oeuvre spécifique par LBP AM de la réglementation en vigueur.

**Selon l'analyse de LBP AM et Tocqueville Finance, GREaT : Gouvernance, Ressources naturelles et humaines, transition Energétique & économique, Territoires.

Ces politiques d’exclusions sont débattues et validées par un Comité dédié, rassemblant l’ensemble des fonctions de LBP AM. L’une de ses missions est ainsi d’évaluer la sévérité des controverses qui peuvent frapper certaines entreprises, par exemple en matière de droits de l’homme, et de s’assurer qu’elles ont mis en place des mesures correctives appropriées afin de permettre leur réintégration dans notre univers d’investissement.

Pour la plupart des fonds actions par exemple, les gérants s’interdisent d’investir dans les 20 % de valeurs les moins bien notées en tenant compte des exclusions applicables à tous les fonds

Focus : les entreprises du secteur énergétique 

Le groupe LBP AM cherche à gérer l’ensemble de ses fonds en prenant en compte l’enjeu climatique. Pour atteindre la trajectoire 2° définie par l’Accord de Paris sur le Climat, l’économie réelle doit engager rapidement une profonde transition énergétique, vers un système décarbonné, plus efficace et accessible à tous bien avant 2050. Une des priorités, définies notamment par les scientifiques du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) ou les experts énergétiques de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), et soutenue par de nombreux Etats, est de mettre un terme à l’utilisation du charbon pour produire de l’électricité.  

Nous avons traduit cet objectif énergétique mondial par la mise en place d’une politique d’exclusion relative :

  • aux sociétés minières productrices de charbon,
  • aux sociétés productrices d’électricité à partir de charbon,
  • et aux sociétés qui leur apportent des services et matériaux.

Cette dernière repose sur un critère simple : l’exclusion de notre univers d’investissement des entreprises qui n’ont pas de stratégies de sortie de ces activités selon les horizons établis par la science. Cette politique d’exclusion vise à inciter ces entreprises à se désengager du charbon au profit d’autres sources énergétiques ou autres activités, accompagner les entreprises qui sont véritablement engagées dans cette transition énergétique, et enfin ne pas s’exposer à celles dont les activités, toujours charbonnées, rendent susceptibles d’être exposées à un risque de transition (dévalorisation brutale des actifs carbonés en cas d’action politique ou changement de comportement des consommateurs pour lutter contre le changement climatique).

En 2022, nous poursuivrons le développement de notre politique énergétique sur le pétrole et le gaz, afin que l’ensemble de notre exposition sectorielle s’inscrive dans une trajectoire de transition conforme à notre objectif, à savoir : contribuer au plafonnement du réchauffement climatique à 1.5° d’ici la fin du siècle. Notre politique d’exclusion contribuera aussi au pilotage carbone de nos portefeuilles. D’ores et déjà, pour les fonds bénéficiant de la dernière version du label ISR, LBP AM pilote et publie l’empreinte carbone de ses portefeuilles, c’est-à-dire la quantité de gaz à effet de serre émise par les sociétés investies qui doit être meilleure que celle de leur univers d’investissement. Nous allons renforcer encore cette démarche pour définir, d’ici la prochaine COP 27 fin 2022, une trajectoire vers la neutralité carbone pour ses portefeuilles. 

 « Il s’agit en effet d’inciter et accompagner ces entreprises industrielles dans leur transition énergétique. Cette nouvelle révolution devra permettre la substitution du charbon par des énergies décarbonées, mais aussi des mesures d’efficacité énergétique, dans tous les principaux usages que sont la mobilité, le bâtiment et l’industrie. Possible avec les technologies d’aujourd’hui et conciliable avec l’objectif d’accès énergétique pour tous. Cette démarche nécessite cependant une réorientation massive des investissements des entreprises productrices et consommatrices d’énergie dans la prochaine décennie. Plus elle est anticipée par ces acteurs et accompagnée par leur écosystème politique et financier, plus les conséquences sociales pour les employés et communautés seront maitrisées », précise Héléna Charrier, Responsable Solutions ISR. 

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